JANVIER/FÉVRIER/MARS

24/03/2020

L'évangile de Matthieu met bien en scène «des mages venus d'Orient» (Mt 2,1), mais il ne nous dit ni qu'ils sont trois, ni qu'ils sont rois. Il ne fait d'ailleurs aucune mention de leurs noms. Très tôt pourtant, l'évangile a été complété en Orient par l'imagination des croyants. C'est ainsi qu'un apocryphe du 6e siècle, l'évangile arménien de l'enfance, a conservé sur les mages les légendes que nous connaissons encore en grande partie: leur nombre, leurs noms, leur royauté, leur pays d'origine, et bien d'autres détails. On peut d'ailleurs penser que leur nombre de trois vient probablement du fait qu'ils apportent trois objets symboliques: de l'or, de l'encens et de la myrrhe (Mt 2,11). Des auteurs modernes ont même imaginé un quatrième roi mage et chacun peut bien s'en inventer d'autres pour mieux s'identifier à eux. Quant à l'habitude de représenter ces mages sous les traits d'un Noir, d'un Jaune et d'un Blanc, elle extrapole certes sur ce que le texte ne précise pas, mais elle ne trahit nullement la théologie universaliste de l'évangéliste Matthieu. Alors que les scribes d'Israël rechignent à reconnaître en cet enfant le Messie, ce sont en effet d'obscurs païens étrangers qui viennent lui présenter leurs hommages